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    November 28

    La cabane

    Je me souviendrai toujours chèrement de la cabane en bois que nous avons construite, mes amis et moi, dans le boisé en face d’où j’ai grandi. Des érables, des bouleaux, des peupliers et des pins formaient un îlot de 12 hectares d’ombre et de verdure au milieu des champs jaunes et bruns entourant le village; c’est là où les jeunes se réfugiaient pour se cacher du soleil ou de leurs parents; c’est là où nous échappions aux corvées et au temps qui passe.

    Nous avons érigé une plate-forme que le tronc du vieil érable semblait percer par le centre. Quatre larges poutres supportaient la structure inégale mais solide qui comportait probablement plus de clous que de bois. Une toile bleue, attachée ça et là avec des restes de vielle corde à linge, servait de toit de fortune. On accédait à la plate-forme en gravissant périlleusement des bouts de bois maladroitement cloués directement sur le tronc de l’arbre pour se hisser à travers un simple trou dans le plancher. Il n’y avait pour mobilier qu’une boîte de lait en plastique comme table et cinq bûches comme chaises. Pour hisser victuailles, jeux et autres trésors hétéroclites, nous avions passé une corde épaisses dans le «Y» que formaient deux branches costaudes à la hauteur de nos yeux, tout juste de l’autre côté de la barrière qui entourait la plate-forme; la corde a usé l’écorce jusqu’au bois à force d’usage, et nous avons noué la corde d’innombrables fois à force d’usure. Le tout avait l’air assez pathétique, mais c’était notre bulle, notre havre, notre doux exil, notre paradis. Nous cessions d’exister des après-midi entiers, disparaissions des soirées complètes dans un monde conçu par nous, pour nous. Chaque échelon, chaque planche, chaque centimètre carré d’écorce était marqué au canif ou au feutre, chacun ajoutant sa touche personnelle pour s’approprier, s’identifier un peu plus au refuge, peut-être pour y laisser une petite partie de soi pour mieux y revenir.

    J’ai dit que je me souviendrai toujours chèrement de la cabane, mais pourtant, je ne garde aucun souvenir précis de ce qui s’y passait. Il ne me reste que des impressions, des sensations et une poignée de vagues souvenirs. Lorsque j’évoque le souvenir de l’endroit, les odeurs m’assaillent d’abord : la faible odeur de fumier qui flottaient jusqu’au boisé depuis les champs aux limites du village l’été; les relents feutrés et un peu fétides du tapis de feuillage humide; l’odeur d’électricité mouillée qui précède les orages; l’odeur saline de la grande route suivant l’épandage de sel l’hiver; l’arôme léger de la poudreuse fraîche; le parfum sec des journées bleu glacial de janvier. Ensuite me revient la musique qui berçait l’oasis : les oiseaux qui gazouillent en sourdine; les feuilles qui bruissent dans le vent chaud d’été; la neige qui fait «crounch-crounch» quand quelqu’un approchait; le claquement des branches les jours de poudrerie.

    Depuis, bitume et béton ont impitoyablement englouti le boisé, et plus une trace ne subsiste de l’Exil. Heureusement, les souvenirs, eux, perdurent.

    January 17

    Lack of focus at the White House

       The Democrats are drafting a bill that will say on record that the war in Iraq can only be sustained with support from the American public and Congress. The bill is also drawing support from a few Republicans like Sen. Olympia Snowe and Sen. Chuck Hagel.
       "The one thing the president has said is, whatever you do, make sure you support the troops," press secretary Tony Snow said at the White House. "And the question people who support this resolution will have to ask is, how does this support the troops?"
       The administration's focus is always on supporting the troops and patriotism, not on Iraqi people, the innumerable victims (both military and civilian, american and Iraqi), and the utterly destroyed Iraqi infrastructure. Furthermore, if the Republicans really cared that much about the troops, they should've thought twice before sending them fight their war-of-aggression against an elusive deadly enemy. They should've thought twice before sending them in the middle of a bloody sectarian conflict that's as old as the world itself, to then put pressure on the local government to solve the issue. They should've thought twice before sending them in another Vietnam.
     
    January 12

    Volte-face de la Gates Foundation

    Suivant une récente enquête approfondie du L.A. Times sur les pratiques de la Gates Foundation, Bill et Melinda Gates déclarent que les politiques d'investissement de la fondation seront révisées et corrigées pour être plus éthiques.

    Dans un exhaustif article du 7 janvier 2007, trois journalistes du L.A. Times ont passé au peigne fin les investissements de la fondation charitable Gates Foundation. La fondation de Bill et Melinda Gates, le couple le plus riche du monde dont la fortune dépasse 50 milliards de dollars américains, se donne pour mission de combattre le SIDA, améliorer l'éducation publique aux États-Unis et supporte les programmes sociaux du Nord-Ouest pacifique entre autre. La fondation cumule 61 milliards de dollars (!), ce qui en fait la plus importante organistaion de charité au monde. Elle a accordé 1,4 milliards de dollars en dons en 2005, ce qui représente les 5% qu'une organisation doit accorder pour éviter de payer des taxes. Les 95% restants sont réinvestis pour gonfler le coffre.

    Ce que les journalistes ont découvert au cours de leur enquête est que les investissements de la fondation entraient souvent en conflit avec les maux qu'elle dit combattre. Par exemple, la fondation possède 423 millions de dollars d'investissements dans les compagnies Eni, Royal Dutch Shell, Exxon Mobil, Chevron et Total de France. Ces mêmes compagnies sont responsables pour la majeure partie des torches pétrolifères qui couvrent le delta du Niger de nuages de pollution toxique responsable des maux combattus par l'organisation de charité. Ces nuages de substances nocives réduisent le système immunitaire des habitants de la région, ce qui augmente l'incidence de polio et autres maladies infectieuses. La fondation a déboursé 218 millions de dollars pour des vaccins contre la polio au Niger. Et ce n'est qu'un seul exemple parmi tant d'autres.

    Moins d'une semaine suivant la parution de l'enquête du L.A. Times, Bill et Melinda Gates ont personnellement annoncé une révision majeure des pratiques d'investissement de leur fondation. Ils veulent s'assurer que tous les investissements soient éthiques et qu'ils n'entrent pas en conflit avec l'aide octroyée. Mme Cheryl Scott, Chef des opérations de la fondation, nie que la révision des pratiques découle des critiques sur les investissements. Elle affirme que c'est parce que les méthodes courantes ne sont pas efficcaces à 100%.

    Cette histoire ternie le mythe du bienfaiteur philanthrope et de la réussite du capitalisme. Et, à mon humble avis, c'est tant mieux. C'est un pas de plus vers un monde socialement responsable.

    Article du L.A. Times:
    http://www.latimes.com/news/nationworld/nation/la-na-gatesx07jan07,0,6827615.story?coll=la-home-headlines

    Article du Guardian:
    http://www.guardian.co.uk/ethicalbusiness/story/0,,1988496,00.html?gusrc=rss&feed=12

    September 17

    The blissful knowledge of insignificance

    Is it worth it to lose our innocence in order to lose our illusions? How often do I surprise myself longingly staring back at my childhood memories and yearning for that carefree, blissful ignorance. The future was something I let the adults worry about, and I only lived for the moment. But then, as time went by, my awareness of that cruel world I lived in assailed my budding intellect and chipped away at my innocence until none was left. Then stroke the realization that my life is intrisincally meaningless and devoid of sense, since it will fatally (pardon the pun) end in death. At first, it was a shock, and I flundered around grasping at anything to grant me a sensible perspective, a worldview that held together and had a purpose (or in which I, at least, had a purpose). I eventually came to terms with the unreasonable silence of existence in the face of my relentlessly probing mind. But if existence has no meaning, no sense, no purpose, won't any sense and meaning and purpose I give my own life be a self-deceiving scheme to get through it? Then why live? Well, why not?! I rebel against that nonsensical, illogical existence, and watch me get the most out of it! And I'll do my best so that my brethren can get the most out of existence themselves. Hopefully, if we all work together towards the same goals, we just might get to a point where we'll all live for the moment in the carefree, blissful knowledge that our existence is insignificant.
    July 10

    Dieu est-il malin ou impotent?

    Voici pourquoi je ne peux plus avoir la foi en un être suprême débordant d'amour et de bonté pour sa création et ses créatures. Si Dieu est omnipotent et absolument bon, pourquoi y a-t-il du mal sur Terre? Car s'il était capable de tout faire, il lui serait bien aisé de créer un univers sans souffrances, douleurs et méchanceté. Si notre monde nous semble si horrible parfois, c'est ou bien parce que Dieu n'est pas absolument bon et qu'il a créé le mal (ou il a seulement permis l'existence du mal, ce qui revient au même), ou bien qu'il n'avait tout simplement pas la capacité de créer un monde sans mal. Dieu est donc ou bien omnipotent mais pas abosolument bon, ou bien absolument bon mais limité. Certains diront que si la création avait été dénuée de mal, l'Homme n'aurait pas eu de volonté mais n'aurait été qu'un automate au service de son maitre, incapable d'aimer de son propre chef. Pourtant, un Dieu omnipotent devrait être en mesure de créer un monde sans mal tout en accordant à ses créatures une volonté qui lui est propre, puisque rien ne lui est impossible. Bien sûr, Dieu aurait pu avoir des desseins qui dépassent notre entendement. Dans ce cas, on revient à l'argument du Dieu qui n'est pas que bonté.

    Sommeil éternel

    L'existence, étant une absurdité sans but et sans raison d'être, se termine avec la mort. Si cela semble morbide et déprimant, c'est parce qu'il nous est très difficle de s'imaginer l'existence sans conscience, sans 'moi' en controle. La conscience est un produit de notre cerveau, un outil qui nous aide à organiser nos expériences quotidiennes dans le temps de manière cohérente, et cette conscience s'éteint en même temps que le reste du cerveau à notre mort. Il est tout-à-fait naturel que nous nous imaginions un monde après la mort avec notre conscience intacte; c'est bien plus rassurant. Par contre, il est moins rassurant de penser que notre identité, notre 'moi' bien personnel et unique s'évapore à notre mort, et qu'il ne nous reste que le néant. Plus de controle, plus d'expérience, plus de sentiments ou de pensées, mais que le néant. Personnellement, je ne vois pas ce qu'un sommeil éternel a bien d'effrayant. Pensez-y bien: angoissez-vous à l'idée de vous endormir chaque nuit? Pourtant, bien souvent, nous passons des nuits sans songes, en totale inconscience, et nous nous en réveillons que plus rafraichis le lendemain. Et si on ne se réveillait pas pour l'éternité? Qu'y-t-il d'effrayant à la perte de conscience éternelle? Mais nous ne nous en apercevrons jamais, puisque nous serons déjà inconscients! Que pouvons-nous perdre si on ne peut se rendre compte de rien? Je crois que ce qui nous terrorise bien plus que la mort en soi, c'est l'insignifiance de notre existence. Notre cerveau, au risque de me répéter, a été façonné par l'évolution  pour donner un sens à tout, pour trouver une cause et une raison à tout. Cela inclus aussi notre propre existence. Alors il est bien angoissant de réaliser que mon existence, pour laquelle j'ai déjà bien du mal à trouver sens, est en fait limitée à quelques douzaines d'années. Puis, plus rien. Comment donner un sens à une existence si éphémère? L'Homme, dans l'Histoire, a créé une infinité d'histoires et de légendes plus inventives les unes que les autres pour s'expliquer son existence, incluant d'innombrables passages concernant la vie après la mort. Mais il y a là une erreur de logique: toutes ces histoires auxquelles nous croyons dur comme fer supposent l'existence d'un être ou d'un monde extrasensoriel. En rhétorique, on doit éviter de proposer des éléments superflus ou non-essentiel pour supporter une théorie, surtout des éléments qui sont non-prouvés ou improuvables. Proposer l'existence d'un être ou d'un monde qui n'est pas de notre monde n'est pas nécessaire pour expliquer l'existence, pour deux raisons: primo, puisqu'une seule théorie peut être tenue pour vraie pour expliquer l'existence, toutes les histoires qui ont été inventées, toutes les religions et les croyances, s'annulent entre elles; secundo, l'existence ne peut pas être expliquée puisqu'elle est déraisonnable.
    July 04

    Absurde existence

    L'existence est une exquise absurdité. Absurdité dans le sens où elle n'a aucune raison d'être et ne fait aucun sens. Et le gros problème, c'est que l'évolution a ainsi façonné nos cerveaux de sorte que sa majeure fonction est de trouver une raison à tout. Bien sûr, pouvoir déduire les causes et les effets dans l'environnement, et ainsi mieux prédire les conséquences des événements, fut indubitablement salutaire pour notre race dans l'histoire de la sélection naturelle. Malheureusement, nous sommes maintenant tous pris avec un cerveau raisonnsable qui tente de s'expliquer un univers déraisonnable. Ces outils ont surpassé leur "simple" tâche d'analyse externe pour tout analyser, y compris eux-mêmes. De là la source de bien des maux de tête et de questionnements existentiels. L'esprit toujours avide de causes et d'effets se demande innocemment :"Pourquoi existe-je?" et se heurte brutalement à l'absurdité de sa propre existance. Mais l'absurdité n'est effrayante qu'à l'esprit conçu pour trouver des raisons à tout, au prix de confabuler. Car croire que tout a une cause première ou une raison d'exister est un anthropomorphisme: il n'y a que l'homme qui soit raisonnable dans le royaume animal, seulement lui qui s'acharne à trouver une raison à tout. De plus, savoir que cette existance se termine inéluctablement dans la mort n'apaise point l'esprit, car en plus d'être insignifiant, il est périssable; la fin de la conscience est bien dérangeante pour cette dernière. Il est bien ardu pour la conscience d'accepter l'absurdité de sa propre existance, puisque de son point de vue tout dans l'univers gravite autour d'elle. Après tout, je suis le centre tout important de mon univers. Pourtant, aussitôt que je prends du recul pour considérer la place que j'occupe dans l'univers, je me rends vite compte de mon insignifiance (après tout, je ne suis qu'un humain parmi 7 milliards, sur une planète parmi des milliards, dans une galaxie parmi des milliard, dans un univers parmi tant d'autres...). Donc, pour expliquer l'inexplicable, pour apaiser nos angoisses métaphysiques, on confabule et on s'invente des histoires. On peut ensuite continuer son chemin l'esprit apaisé. Il est bien plus ardu d'accepter que l'existence est absurde, et que ma propre vie n'a aucun sens sauf celui que je veux bien lui donner. Il est bien plus ardu de réaliser que mon existence est insignifiante et sans importance, sauf pour moi moi-même et ceux qui m'accordent quelqu'importance dans leur vie. Mais une fois l'insignifiance acceptée, une fois libéré du non-sens de mon existence, je peux enfin choisir comment je veux vivre et qui je veux être. Je réalise enfin que je ne suis qu'une étoile filante dans l'infini univers, mais que je peux décider de briller magnifiquement pour n'éblouir que moi-même.
    July 01

    Bienvenue! Welcome!

    Bonjour, et bienvenue sur mon humble blog! J'espère pouvoir discuter ici avec vous, cher lecteur, de tout et de rien, tant que nous y soyons tous deux intéressés. Je partagerai aussi quelques compositions de mon cru en espérant pouvoir vous divertir ou vous émouvoir, selon le cas, et du même coup pouvoir recueillir votre opinion. Alors, bonne lecture!
     
    Hello, and welcome to my humble blog! Here, dear reader, I hope to share comments with you regarding whatever we both deem interesting. I will also share some of my own work with the wish to entertain or move you, and at the same time get your opinion on these. Enjoy!